10 choses que j’aurais aimé savoir une fois le permis moto en poche

Conseils jeune permis moto

 

Après plusieurs semaines d’efforts, ça y est, vous avez enfin obtenu votre permis moto ! Les félicitations sont de mise ! Comme beaucoup, avec le recul je repense à mes débuts en moto. Mes premières années sur les routes en deux roues et les petites erreurs qui vont avec. Le passage du permis et ce qu’on y apprend ne constitue pas une liste exhaustive de toutes les situations et de ce qu’il vous faudra savoir, et vous ignorez encore de nombreuses choses une fois le permis en poche. Des petites astuces concernant l’équipement, les voyages ou le choix de votre monture, certains auront la chance de bénéficier des conseils avisés de parents ou amis eux-même motards depuis de nombreuses années. Mais beaucoup d’autres devront découvrir tout ça par eux-même de façon empirique. C’est là qu’intervient ce guide ! Loin de moi l’idée de vous donner des leçons de vieux briscard des routes, il s’agit ici de vous donner quelques conseils ou pistes de réflexion issus de ma propre expérience, vous permettant je l’espère, d’aborder sereinement votre toute nouvelle vie de motard. Plusieurs de ces points ont normalement été abordés pendant votre passage du permis (en discutant avec votre moniteur ou dans vos fiches), mais je vous propose ici de les revoir de façon plus concrète.

 

Comment choisir sa première moto

 

Très souvent, les élèves ont une idée assez précise de leur première moto. Après l’instauration du permis A2 pour tous les candidats, peu importe leur âge, en Juin 2016, le choix s’est toutefois restreint, obligeant tous les « néo-permis » à s’orienter vers une machine développant un maximum de 47.5 chevaux (ou 35kW). Beaucoup s’orientent vers les Yamaha MT07, Kawasaki ER6 et Z650, best-sellers de leur catégorie et indiscutablement des machines pétries de qualité. Pour autant, il existe de nombreuses autres machines compatibles avec le permis A2, et autant d’approches différentes de la moto : Plus de linéarité avec la Honda CB500FA, plus de rage et d’allonge avec le moteur 4 cylindres de la CB650F, plus de couple et de vivacité avec le monocylindre de la KTM Duke 390 ou encore le caractère particulier du twin Ducati sur la 797 ou la 821… En dehors de la moto que vous avez conduite pendant les cours, vous n’avez jusqu’ici pas de vraie base de comparaison.

Je vous conseille vivement de réaliser des essais en concession, même des machines qui ne vous plaisent pas « esthétiquement » : le comportement et le caractère de chaque machine sont très différents, et un vrai coup de cœur peut se manifester pour une moto que vous n’auriez pas imaginé chevaucher.

choisir sa moto quand on est jeune permis

KTM Duke 390, Ducati Monster 821, Yamaha MT-07… Les différences entre les motos compatible permis A2 disponibles sur le marché sont grandes ! N’hésitez pas en en essayer le maximum (photos constructeurs)

Mon autre conseil à propos du choix de la moto concernera le bridage : de nombreuses machines dédiées aux conducteurs titulaires du permis A2 sont bridées à 47.5cv, mais développent initialement jusqu’à 95cv en fonction du modèle. En effet, les motos bridables A2 ne doivent pas dépasser le double de la puissance bridée, soit 95cv.Cependant, pendant votre période de 2 ans de permis A2, je vous conseille vivement de vous orienter vers les motos développant une puissance 47.5cv d’origine (ou la plus proche de cette valeur sans la dépasser) afin de subir le moins possible les effets du bridage.

Il s’agit par exemple de motos comme la Kawasaki Z300, Yamaha MT03 ou KTM Duke 390. Vous bénéficiez ainsi de machines plus légères, plus économes tant en carburant qu’en entretien, et que vous serez en mesure d’exploiter à 100% de leurs capacités sans rencontrer les limites du bridage. Il s’agit de motos beaucoup plus amusantes à conduire pendant cette période de votre vie de motard, mais aussi plus formatrices pour la suite.

Une plus forte cylindrée bridée sera certes plus valorisante (et fera plus « grosse moto », un argument marketing imparable), mais en dehors des cas où vous envisagez de faire beaucoup de très longs trajets sur voies rapides ou si vous envisagez sérieusement de conserver la même moto débridée une fois passé au permis A, je vous conseille l’achat d’une plus petite cylindrée.

Note : au sujet des motos bridées, attention aux modèles existants en deux versions, bridable A2 ou pas.
Je prendrais pour exemple la Ducati Monster 821, qui existe en deux version : bridable (95cv) et non-bridable(109cv), ou encore la Z800 (non bridable) et son alter-ego compatible A2, la Z800e.

 

Prévoir et calculer son budget

 

La moto est un loisir qui coûte cher. Au delà de l’achat de la moto en elle même, il vous faudra prévoir un budget conséquent pour pouvoir pratiquer sereinement votre nouvelle passion.

Entretien (révisions, pneus moto… tout ceci coûte plus cher que sur une petite voiture citadine), équipement, carburant, assurance… Autant d’éléments qui ont vite fait de peser lourd sur vos finances. Soyez vigilant et prévoyez une bonne partie de votre budget dans ces « à-côtés » pourtant essentiels.

On voit trop souvent des jeunes permis dépenser toutes leurs économies dans la moto de leur rêve, en faisant l’impasse sur un équipement de qualité !

Pour rejoindre le point précédent concernant le choix de la moto, si vous avez la possibilité d’acheter votre monture neuve, posez-vous la question d’un éventuel achat en occasion si vous êtes « juste ».
D’autant qu’il n’est pas rare de casser un levier, un repose-pied ou un rétroviseur lors des premiers mois. Autant de pièces qui seront plus chères sur un nouveau modèle de moto flambant neuf !

Calculer son budget moto

Quand vous prévoyez votre budget moto, pensez à tout l’équipement !

La chute quasi inévitable

 

Je ne dirai pas « chute bête », vu qu’il n’y en a pas d’intelligente, mais les risques sont grands qu’à un moment ou un autre vous soyez confronté à une chute, souvent à faible vitesse ou à l’arrêt. Que cela ne vous décourage pas pour autant, nombreux (tous?) sont ceux qui sont passés par là. Et une fois passée ce grand moment de solitude, c’est l’occasion d’apprendre de ses erreurs.

S’agissait t-il de la béquille ? Une erreur « classique » est d’oublier de déployer la béquille avant de descendre de la moto. On commence à lever la jambe, la moto quitte son point d’équilibre et se retrouve à terre, vous entraînant la plus part du temps dans sa chute.
Il y a fort à parier que vous vous fassiez surprendre à plus d’un tour, mais ça va finir par venir naturellement.

Prenez l’habitude de vérifier systématiquement plusieurs fois que la béquille est bien sortie afin de développer cet automatisme.

ne pas oublier la bequille moto

Prenez l’habitude de vérifier plusieurs fois que votre béquille est bien déployée avant de descendre de la moto, ça deviendra rapidement un automatisme !

Autre grand classique : l’arrêt à un tournant. Un stop dans une intersection légèrement en devers, un arrêt trop brutal en n’utilisant que le frein avant, souvent aidé par un regard mal placé et c’est la chute.
Pour ceux ayant passé le permis depuis 2013, vous avez dû voir cette difficulté sur le plateau à allure réduite, il s’agit de l’arrêt que vous devez marquer au niveau de la moitié du demi-tour, avant de prendre le passager.

Soyez doux avec les commandes et regardez loin au moment de vous arrêter. Anticipez toute déclivité de la chaussée en vous déplaçant si nécessaire, d’autant plus si vous conduisez une moto haute pour votre taille et qu’à l’arrêt seule la pointe de vos pieds touche le sol.

 

Se protéger les jambes

 

Beaucoup de jeunes conducteurs, dont moi-même à mes débuts, négligent la protection de leurs jambes, roulant le plus souvent avec un simple jean. Quand on pense à l’équipement du motard et à sa sécurité, le pantalon est bien souvent l’élément qui vient en dernier.
Pourtant les jambes du motards sont particulièrement exposées en cas de chute. Même sur une simple chute à l’arrêt comme je l’expliquais précédemment, il se peut que la moto vienne percuter les genoux et provoquer d’importantes blessures.

Concernant l’abrasion, la protection d’un pantalon « civil » est quasiment nulle et même un frottement à très basse vitesse aura vite fait de percer le tissu.

Aujourd’hui les équipementiers proposent de très larges gammes de pantalons adaptés à la pratique de la moto, résistant à l’abrasion, la déchirure, la perforation… et disposant de coques de protections judicieux placées afin de protéger les zones les plus exposées. Cerise sur le gâteau, les jeans moto modernes passent presque inaperçus, sont très confortables et financièrement très abordables. Plus aucune raison de s’en priver tant le gain en terme de sécurité est important.

 

porter un jean moto

Aujourd’hui un jean moto renforcé en fibre kevlar est protecteur, discret et abordable. Plus de raisons d’hésiter !

 

L’invisibilité des motards

 

Les chances sont grandes que votre moniteur vous ait déjà largement parlé de ce sujet pendant votre formation. Véritable notion de survie en 2RM, c’est une chose qu’il faudra garder en tête à chaque instant !

Qui plus est si vous roulez en voiture depuis de nombreuses années, vous avez probablement pris des habitudes en ce qui concerne votre visibilité sur la route par les autres usagers. En moto, vous devrez rester sur le qui-vive à chaque instant, et partir du principe que les autres usagers ne vous ont pas vu . Ce manque de visibilité s’explique évidemment par le gabarit réduit de la moto, mais aussi par la plus grande mobilité et les capacités d’accélération de celle-ci.

L’exemple type est le dépassement sur voies rapides : vous vous apprêtez à dépasser une voiture, mais soudain celle-ci se déporte sur la gauche à son tour de façon à dépasser le véhicule qui la précède une fois que vous arrivez à son niveau. Bien entendu il est possible que le conducteur de la voiture n’ait pas utilisé correctement ses rétroviseurs (et/ou contrôlé son angle mort) avant d’entamer son dépassement, mais il faut aussi garder en tête que vous pouviez n’être qu’un petit point dans le rétroviseur de l’automobiliste seulement quelques secondes auparavant.

Certains automobilistes se font facilement surprendre, et même en vous voyant peuvent mal juger de la rapidité que vous pouvez avoir à vous déporter sur une autre voie ou à vous rapprocher de leur position.

Pour éviter le fameux « je ne vous avais pas vu ! » suite à un accident, apprenez à composer avec les mauvaises habitudes et la méconnaissance de la moto de certains usagers, faites preuve de compréhension et de courtoisie. Après tout, l’erreur est humaine, les mauvais comportements aussi.

Motard dans les bouchons

Toujours partir du principe que les automobilistes ne vous voient pas.

La priorité n’est jamais absolue

 

Une intersection, un pont ou un rétrécissement de chaussée… Même si vous vous retrouvez dans une situation où vous êtes prioritaire par rapport aux autres usagers, il convient de rester attentif à l’évolution de la situation. Comme je l’expliquais dans le précédent point, il peut arriver que la personne qui doit vous céder la priorité n’a pas clairement compris vos intentions, et pense pouvoir passer sans gêner ou sans croiser votre route.

Avant de vous engager, soyez certains que la situation est claire pour tout le monde, croisez le regard des automobilistes, et prêtez attention à la façon dont ils commencent à se placer ou s’il ont commencé à tourner leur direction (jetez un œil aux roues avant). En plus des clignotants, n’hésitez pas à communiquer avec tout moyen qui vous semble approprié (appel de phare, signe de la main…mais rappelez-vous que l’usage du klaxon en agglomération est prohibé – sauf danger immédiat)

 

 

En cas de « flottement », j’entends par là si vous sentez que l’autre conducteur ne semble pas certain de sa manœuvre, par exemple en commençant à avancer au ralenti dans une intersection, ou dans une situation ambiguë (par exemple intersection à stops multiples ou rétrécissement de chaussée où vous arrivez simultanément avec un autre véhicule) ne prenez aucun risque, et cédez le passage même si ce n’était pas à vous de le faire. Après tout, rouler en moto c’est aussi disposer de davantage de mobilité, et donc de faciliter le passage des véhicules moins maniables quand la situation s’y prête.

Si vous circulez sur une route à caractère prioritaire, prenez l’habitude de regarder systématiquement les véhicules qui arrivent par les routes que vous croisez (et qui doivent donc en principe vous céder le passage), et essayez de jauger leur allure à l’approche de l’intersection. Si vous constatez qu’un véhicule ne ralentit pas suffisamment, il est possible que son conducteur ne vous ai pas vu. Relâchez donc les gaz le temps d’établir avec certitude que celui-ci vous cédera bien le passage. Si le doute persiste, préparez-vous à freiner : pied droit positionné au dessus du frein et main sur le levier.

N’oubliez pas de contrôler derrière vous (rétroviseurs) que vous aurez la possibilité de freiner brutalement sans surprendre un autre véhicule. Si vous êtes suivi d’un peu trop près, actionnez légèrement votre levier de frein de façon à allumer votre feu stop sans réellement freiner (de préférence par intermittence, un clignotement capte toujours mieux l’attention) afin de signaler au conducteur qui vous suit, votre possible freinage.

Une nouvelle fois, ces notions ont normalement été vues pendant votre formation (auto et moto), mais un rappel ne fait jamais de mal ! Plus encore en moto, il s’agit de concepts importants que vous devrez constamment garder en tête une fois au guidon.

 

Apprendre à nettoyer sa moto

 

Ce point va peut-être vous paraître surprenant, car je ne doute pas un instant que vous allez bichonner votre monture. Mais nettoyer consciencieusement sa moto, c’est aussi apprendre à la connaître, et à cette occasion savoir détecter tout ce qui peut potentiellement poser problème.

Nul besoin d’avoir de connaissances en mécanique, il suffit d’être attentif : prêtez attention aux fuites de liquides au niveau des raccords des durites du système de refroidissement, au niveau des plans de joints… Cherchez les éventuelles vis manquantes ou desserrées, jetez un œil aux joints spi de la fourche et cherchez toute trace grasse. C’est aussi le bon moment pour contrôler vos niveaux et les points d’usure : pneus (pression, usure, défauts et corps étrangers), plaquettes de freins, usure du kit chaîne et sa tension…

Une habitude très facile à prendre, et qui peut vous éviter des frais en évitant à l’avance une potentielle panne.

Apprendre a nettoyer sa moto

Des traces grasses autour des joints peuvent annoncer une fuite plus importante à venir, soyez observateur en nettoyant votre machine !

Rester zen et détendu à tout instant

 

N’essayez jamais de « forcer le passage » ou de vous imposer car vous êtes dans une situation où le code vous donne raison.

Si vous trouvez le comportement d’un autre conducteur absolument scandaleux, et même si celui-ci vous a mis en danger, il est absolument indispensable de savoir garder la tête froide. En effet, sous le coup de l’énervement et de la montée d’adrénaline, il est très probable que vous alliez à la faute dans les secondes qui suivent : un coup de gaz mal placé en repartant d’une intersection, une gestion de l’embrayage hasardeuse… et vous vous retrouverez par terre, et sans même pouvoir faire jouer la responsabilité de l’autre conducteur qui n’y sera absolument pour rien dans votre chute.

Même si ce n’est pas facile, laissez couler, arrêtez-vous le temps de laisser la tension redescendre et soufflez un coup.

Une moto à quelques milliers d’euros possède des performances (et surtout un ratio poids / puissance) généralement bien supérieures à 99% des autres véhicules que vous croiserez. La tentation est grande de s’en servir pour clouer sur place un autre véhicule qui serait un peu trop « collant », mais une nouvelle fois il est inutile de se mettre en danger car un congénère fait preuve d’une conduite inadaptée. Ravalez votre fierté un instant et laisser le donc passer.

Faire une pause en balade moto

Sachez faire une pause quand elle s’impose !

Être humble et savoir écouter

 

Soyez humble envers vos propres capacités, et n’essayez jamais de rouler « au dessus de vos pompes ». Si vous ne vous sentez pas à l’aise à l’idée de réaliser une manœuvre ne vous forcez pas. Si par exemple pratiquer l’interfile dans un bouchon où les véhicules vous semblent trop proches les uns des autres, fiez-vous à votre intuition et patientez quelques instants.

De manière générale ne vous forcez jamais à faire quelque-chose dont vous ne pensez pas encore avoir les capacités plutôt que de vous retrouver dans la situation où « si ça passait c’était beau ».

Passez plus vite en virage en mettant plus d’angle, suivre une trajectoire optimale… il s’agit de choses qui viendront naturellement. On ne naît pas pilote, vos capacités s’amélioreront naturellement avec les kilomètres parcourus. Et si ça ne vous semble pas encore suffisant, vous aurez toujours la possibilité de suivre des stages de perfectionnement post-permis ou d’aller rouler sur circuit.

N’hésitez pas à discuter avec les motards plus expérimentés, qui vous donneront leurs astuces pour devenir un motard confirmé.

 

Faire des rencontres pendant les balades et les roadtrip moto

N’hésitez pas à partager vos expériences et demander conseils à d’autres motards plus expérimentés

Ne pas tenter d’imiter les copains plus expérimentés

 

Lors des sorties à plusieurs avec les copains, il se peut que les différences de niveau soient grandes. Rouler avec des motards confirmés, possédant des motos plus aiguisées adaptées à leurs expériences, peut inciter le groupe à rouler à un rythme plus élevé que ce à quoi vous êtes habitué et vous pousser à la faute.

Discutez-en à l’avance avec eux, et gardez en tête que les motards avec le plus faible niveau doivent être en tête de groupe afin d’imposer leur rythme, ou juste derrière un « ouvreur » si le trajet de la balade vous est inconnu. Ce motard en tête de cortège devra alors impérativement s’adapter à votre niveau. Pour plus d’infos sur le sujet, je vous recommande l’excellent article sur ce sujet de Vincent, le Motarologue.

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