10 conseils pour rouler à moto par temps de pluie

10 conseils pour rouler sous la pluie a moto

 

Copieusement arrosé entre deux étapes d’un long roadtrip ou simplement surpris par un orage estival, même si à moto on cherche bien souvent à l’éviter du mieux possible on se retrouve toujours confronté à la pluie à un moment ou un autre. Loin de la protection d’un habitacle, l’exposition aux éléments fait partie intégrante de la pratique du deux-roues, par toutes les saisons. Il est alors indispensable pour votre sécurité et votre confort -deux notions finalement assez liées à moto- de savoir comment comment se comporter en cas d’intempéries.

Je vous propose donc ces quelques conseils sur le guide moto de Tiregom, qui je l’espère seront autant utiles aux débutants qu’aux conducteurs plus expérimentés, une piqûre de rappel ne fait jamais de mal !

 

 

Bien se protéger sous la pluie

 

Si la météo annonce une potentielle averse sur votre trajet, il sera préférable de bien s’équiper pour se protéger de la pluie. Comme je le disais en préambule, à moto le confort et la sécurité sont étroitement liés : se retrouver frémissant dans une tenue imbibée d’eau froide mettra forcément à mal votre concentration, et vous empêchera aussi de conduire normalement en limitant vos actions sur les commandes.

Un simple sur-pantalon en PVC à une dizaine d’euros sera toujours en mesure de vous dépanner, mais comme de très nombreux équipements moto les vêtements de pluie ont beaucoup évolué ces dernières années, autant en profiter !

 

Equipement moto : gants, veste, lunettes

 

Le pantalon

Désormais les vestes de pluie et les pantalons étanches sont respirants grâces aux membranes perméables à l’air. Cela vous évitera ainsi de suffoquer dès le retour d’un rayon de soleil. Ces équipements peuvent être munis d’inserts élastiques pour plus d’aisance et de tissus extérieurs hydrophobes (sur-lesquels l’eau « glisse »).

 

Les bottes

Des bottes étanches seront un plus non négligeable pour votre confort – et donc votre sécurité – d’autant que celles-ci sont presque systématiquement pourvues de semelles anti-dérapantes. Car oui, la chute bête à l’arrêt en ayant le pied qui glisse guette toujours les motards, même les plus expérimentés !

 

Les gants

Il en va de même pour les gants, un gant gorgé d’eau limitera votre capacité à agir avec précision sur les commandes et nuira au ressenti de celles-ci. C’est d’autant plus important qu’il sera nécessaire d’agir avec doigté comme on le verra un peu plus loin.

Une paire de gants en textile avec une longue manchette sera préférable à un gant en cuir généralement moins « apte » à subir les averses. L’idéal lors d’un roadtrip sera alors d’emmener deux paire de gants avec vous si cela est possible.

 

La veste

Concernant la veste et le pantalon, si vous ne souhaitez pas vous encombrer d’équipements étanches en permanence (souvent aussi moins adaptés à la chaleur estivale), vous avez la possibilité de vous tourner vers les sur-vestes et sur-pantalons. Une fois repliés ceux-ci sont généralement assez compacts et prennent peu de place au fond d’un sac, vous pourrez ainsi facilement les emmener avec vous et les sortir au moment opportun quand la pluie menace.

A ce sujet, essayez de vous équiper à l’avance (même si ce n’est pas forcément toujours évident), au calme et au sec. Rien de pire que de (mal) recouvrir une tenue déjà trempée.

Prenez votre temps et tentez de ne laisser aucun interstice où l’eau pourrait s’infiltrer (au niveau de la ceinture, jonction pantalon/bottes, veste/gants)

Notez que vous avez la possibilité d’entretenir vos équipements dont l’étanchéité est mise à mal par les années avec un simple spray d’imperméabilisant.

 

Bien voir en conduisant

 

Qui dit intempéries, dit diminution de la visibilité. Plusieurs raisons à ce problème :

 

  • Gouttes de pluie sur l’écran

Dès les premières gouttes de pluie, celles-ci viennent irrémédiablement perturber le champ visuel du conducteur. Cette eau ruisselle à grande vitesse (au delà d’environ 60km/h et à condition que l’écran soit propre) mais les gouttes stagnent le reste du temps.

 

ecran mouille moto manque visibilite

 

Pour contourner le problème, plusieurs solutions :

  • Les gants munis d’une petite raclette sur le pouce ou le long de l’index gauche, à l’efficacité limitée dès que la pluie s’intensifie.

 

  • Les produits du type « Rain-X » qui créent un film hydrophobe sur la surface de l’écran du casque. Assez efficace, cependant il faudra renouveler de façon préventive assez fréquemment.

 

Gant moto de type X Rain

 

Il existe d’autres méthodes pour éviter les gouttes de pluie, mais celles-ci sont les plus efficaces.

 

  • La buée

Autre source de gêne visuelle, la formation de buée sur la face intérieure de l’écran, qui peut réduire dangereusement la visibilité.

Quand j’avais commencé la moto il y a 15 ans, c’était encore un vrai problème contre lequel chacun y allait de sa « technique », plus ou moins efficace dans le temps ou qui créait d’autres problèmes : rouler avec la visière entrouverte, mettre du liquide vaisselle, voir même frotter une pomme de terre !

Aujourd’hui beaucoup de casques sont fournis de série avec un « Pinlock« , une lentille se fixant sur le côté intérieur de l’écran, et munie d’un joint silicone sur son contour, créant une zone intermédiaire d’air entre l’intérieur et l’extérieur du casque, isolant des différences de température et évitant ainsi la formation de buée. Le fonctionnement reprend le même principe que celui d’un double-vitrage.

 

Pinlock casque moto

Crédit : LMDHC

 

Il s’agit de la solution « ultime » contre la buée. Plus efficace que les différents systèmes de ventilation soufflant sur l’intérieur de l’écran proposés par certains fabricants de casques, le Pinlock s’est largement démocratisé. Cerise sur le gâteau, les pinlock existent désormais en version « MaxVision » et ne gênent presque plus le champ visuel du pilote.

 

Bien être vu

 

La baisse de visibilité concerne tous les conducteurs ! Il est donc indispensable de s’assurer d’être bien visible des autres usagers. Lors de conditions difficiles, partez toujours du principe que les autres ne vous voient pas, et même si vous bénéficiez d’une priorité de passage, engagez-vous uniquement une fois que vous êtes certain d’avoir été bien vu.

Je vous parlais plus haut des équipements de pluie, ceux-ci sont souvent disponibles en version « haute visibilité », avec des couleurs vives et des éléments rétro-réfléchissants qui vous permettront d’être plus facilement distingués. D’autant plus si vous optez pour un sur-équipement de pluie, n’hésitez pas à le choisir dans cette variante si possible, vous pourrez également les porter pour circuler de nuit.

Vous perdrez un peu en style avec ces jolies couleurs fluos, mais se sentir bien visible à moto est loin d’être une mauvaise chose !

La visibilité passe aussi par les feux de la moto : n’hésitez pas à contrôler fréquemment le bon fonctionnement de vos feux avant et arrière, le bon état et la propreté des optiques. Gardez en tête que les feux peuvent rapidement perdre de leur efficacité si vous roulez depuis plusieurs dizaines de kilomètres sur des routes sales, les projections peuvent recouvrir les feux de boue et de toutes sortes de saletés.

 

 

Feu de moto

Crédit : LMHDC

 

Trouver sa place

 

De façon générale, ne posez vos roues que là où vous pouvez voir la route !

Méfiez-vous des passages en zone « aveugle » : impossible de savoir si un trou, une plaque d’égout ou un autre défaut de la chaussée se cache sous une grande flaque.

Impossible aussi de juger de la « profondeur » d’une rue inondée. Une quantité d’eau importante abordée trop rapidement aurait pour effet de faire subir une décélération violente qui pourrait entraîner une chute. Si vous devez impérativement passer ce genre d’obstacle, roulez au pas et n’hésitez pas à sortir les pieds des reposes-pieds.

Roulez de préférence dans le passage des roues des autres véhicules sur les routes relativement propres, cet endroit sera légèrement moins détrempé. En revanche, s’il s’agit par exemple d’une petite route de campagne sale ou boueuse, on préférera rouler au milieu de la voie pour éviter les excès de saleté entraînés par la pluie et les véhicules. Attention également aux ornières.

Avec la pluie, les marquages au sol deviennent parfois difficiles à distinguer. Attention à ne pas empiéter sur une autre voie que celle où vous circulez.

 

Un pilotage tout en douceur

 

La règle d’or est de rouler détendu. Pour ce faire, évitez toute situation pouvant générer du stress : plus encore que d’habitude, regardez loin, anticipez, et n’hésitez pas à augmenter drastiquement les distances de sécurité (doublez ou triplez-les).

 

 

Adaptez votre vitesse : au delà du simple respect des vitesses par temps de pluie

  • 80 km/h au lieu de 90 hors agglomération
  • 100 km/h au lieu de 110 sur les routes pour automobiles 2x2 voies
  • 110 km/h au lieu de 130 sur autoroute

 

Adaptez votre allure à la situation et évitez de vous laisser influencer par la pression que peuvent mettre les autres usagers, énervés de vous voir ralentir de la sorte. Peut-être n’ont-ils tout simplement pas idée de la difficulté à conduire un 2RM sous la pluie : roulez tout simplement à l’allure à laquelle vous vous sentez en sécurité.

C’est parfois oublié, mais gardez en tête que la vitesse est limitée à 50km/h si la visibilité est inférieure à 50 mètres, sur tous les types de voies (autoroutes incluses).

 

 

Lorsque vous devez aborder un virage, adaptez votre vitesse au préalable pour éviter d’avoir à freiner dans la courbe, et n’hésitez pas à sortir le haut du corps vers l’intérieur du virage. En jouant ainsi avec le centre de gravité, la moto prendra moins d’angle et restera davantage sur la bande de roulement du pneu. Cette zone centrale du pneu reste la plus chaude (et donc celle ayant la meilleure adhérence à ce moment) en raison du temps de contact plus important avec la chaussée, les flancs étant en effet constamment refroidis par l’écoulement de l’eau.

Comme si vous rouliez sur des gravillons, sur route détrempée il sera nécessaire d’être extrêmement souple avec la poignée de gaz et les freins. Évitez de monter dans les tours afin de limiter les décrochages de la roue arrière à l’accélération en restreignant l’arrivée de la puissance. De la même façon, effectuez des freinages sans appui excessif, tout en douceur de façon à éviter de « perdre l’avant ». Évitez de rouler débrayé afin de conserver toute la motricité.

Si votre moto dispose d’assistance, n’hésitez pas à les utiliser : assurez-vous que l’ABS est bien activé (dans le cas d’un ABS déconnectable) et réglez le contrôle de traction sur un niveau d’intervention plus important si possible.

Enfin, ne vous reposez jamais complètement sur ces assistances électroniques : il s’agit d’aides qui ne doivent pas se substituer à une vigilance de chaque instant.

 

Assistance ABS sur moto 

 

Attention à tout ce qui brille

Avec un coefficient d’adhérence déjà divisé par 2 sur route humide (passant d’approximativement 0.8 à environ 0.4), vous aurez tout intérêt à éviter tout ce qui pourrait représenter un risque de glisse.

Méfiez-vous de tout ce qui apparaît « brillant » sur la route : bandes blanches (signalisation horizontale, zébras, passages piétons…), plaques d’égout, pavés, rails de chemin de fer…

 

Route glissante en moto

 

Portez également une attention toute particulière aux zones humides de la route présentant un aspect « irisé » : il s’agit le plus souvent d’hydrocarbures (souvent du gasoil en raison de sa volatilité plus faible que l’essence) qui se sont mêlés à l’eau. Décollés du bitume par la pluie, ils rendent la surface extrêmement glissante, encore plus que la « simple » plaque de gasoil.

Soyez prudent à proximité des stations-service ainsi que dans les ronds-points à proximité de ces dernières, où le trop plein des véhicules déborde du réservoir avec la force centrifuge.

 

Le cas du verglas d’été

 

Il s’agit d’un phénomène parfois méconnu, qui occasionne pourtant la source de nombreux accidents pendant l’été.

Pendant de longues périodes de sécheresse, lorsqu’il ne pleut pas pendant plusieurs semaines, la route se charge de particules (poussières, terre, résidus de plaquettes de freins et de pneus) et d’hydrocarbures (carburants, suie et autres rejets des moteurs). Ces « saletés » finissent par créer une mince couche uniforme sur la chaussée, qui se décolle lors des premières gouttes de pluie et forment un film extrêmement glissant une fois mêlée à l’eau, d’où le terme de « verglas ».

Ce phénomène ne dure que quelques heures, après quoi la route est lessivée et se retrouve débarrassée de ces résidus.

Cependant il sera préférable de garder cette information à l’esprit et être extrêmement prudent si vous vous retrouvez surpris par la pluie dans une région où il n’a pas plu pendant une longue période.

 

Prendre soin de sa monture

 

Comme vous, votre monture souffre de la pluie et de l’humidité. C’est pourquoi il est indispensable de bien préparer sa moto avant de rouler sous la pluie mais aussi après votre balade.

Si vous êtes du genre à rouler souvent sous la pluie, des pneus de la catégorie « Touring » ou « Sport-route » seront un choix judicieux : ces pneus sont munis de gommes qui atteignent leurs performances optimales par basses températures ce qui compense le refroidissement engendré par l’eau de pluie. Ils disposeront également de d’avantage de sculptures sur les flancs pour mieux évacuer l’eau.

Bien entendu pensez à vérifier régulièrement la pression afin de garantir une efficacité maximale. On recommandait autrefois de légèrement sur-gonfler les pneus par temps de pluie pour permettre une meilleure évacuation, cependant les pneus d’aujourd’hui sont tout aussi performants sous leur pression nominale.

Si vous en avez la possibilité, réglez vos suspensions sur un « setting » assez souple. Un réglage sportif trop « raide » peut dégrader le comportement par temps humide et favoriser les dérobades.

Si votre moto dispose d’une transmission finale par chaîne, pensez à la graisser plus fréquemment par temps de pluie. La graisse est en effet lessivée par le ruissellement de l’eau. Si vous partez en road-trip, il existe des bombes de graisse « petit format », facilement transportables.

 

Chaine de moto

Crédit : LMHDC

 

Pensez également à correctement graisser les différents câbles et commandes (poignée des gaz, embrayage…)

Pour les connexions électriques (câbles, cosses, coupleurs, bougies) qui se retrouveraient en contact avec la pluie, il existe des produits en spray permettant d’éliminer l’humidité et formant un film protecteur.

 

Reposez-vous !

 

Par temps de pluie, le motard est mis à rude épreuve, autant physiquement que mentalement. Il est alors primordial de savoir se ménager pour disposer d’une concentration optimale sur la route.

Comme toujours à moto, une des règles est de ne pas se fixer d’heure d’arrivée lors d’un voyage, ce qui évite de se mettre inutilement la pression, hausser le rythme de façon déraisonnable par rapport au contexte climatique ou de faire une croix sur une pause qui serait pourtant salvatrice. C’est d’autant plus vrai que des conditions de circulation difficiles peuvent drastiquement rallonger votre temps de trajet.

Multipliez les pauses et mettez vous à l’abri. Ce sera l’occasion de vous sécher ou d’enfiler votre équipement de pluie si ce n’est pas déjà fait.

Profitez de vos arrêts pour boire une boisson chaude. Le refroidissement éolien conjugué au ruissellement de la pluie vous refroidira de façon conséquente même en été et engendrera une dépense importante de calories. Cet état peut se traduire par de la somnolence, ce qui sera d’autant plus sensible sur les longs trajets monotones et si le mauvais temps s’éternise.

 

Partagez avec les motards expérimentés

 

Comme souvent dans le monde de la moto, on apprend par le partage. N’hésitez pas à échanger avec un routard confirmé croisé sur une aire d’autoroute par exemple, il y a fort à parier qu’il aura toujours une astuce à vous confier sur le sujet.

Peut-être justement l’occasion d’en discuter autour d’un café le temps que la pluie se calme ?

Le Moniteur Hors Des Clous

Expert moto

Cédric, alias Le Moniteur Hors Des Clous est Moniteur auto école dans le Nord depuis quasiment 9 ans. Sur le guide moto Tiregom, il témoigne et donne ses conseils de pro pour aider les jeunes motards (et moins jeunes) à rouler en toute sécurité.
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